Découvrez l’interview de Margaux GENAY, infirmière en médecine gériatrique au sein d’UNEOS et professionnelle investie dans le sujet de la bientraitance. Elle a reçu une formation professionnelle, qui lui permet aujourd’hui d’être l’ambassadrice UNEOS sur le sujet et une référence au sein des groupes de travail, pour la Certification 2025.
1- Comment définiriez-vous la bientraitance dans le contexte hospitalier ?
Elle désigne l’ensemble des pratiques et comportements qui visent à garantir le respect de la dignité, des valeurs, des croyances et du bien-être des patients tout au long de leur parcours de soins. Elle consiste à prendre en compte les besoins physiques, psychologiques et émotionnels des patients en offrant une prise en charge humaine et respectueuse. La bientraitance s’oppose fermement à toute forme de maltraitance, qu’elle soit physique, verbale, psychologique ou institutionnelle
2- En quoi la bientraitance est-elle essentielle dans la relation soignant-soigné ? Quels sont les impacts de la bientraitance sur le bien-être des patients et sur leur PEC ?
Une approche bientraitante permet d’instaurer une relation de confiance avec le patient et ses proches. Selon les situations de soins rencontrées, cela peut aider à réduire le sentiment de vulnérabilité des patients, qui peut être fortement présent dans un contexte hospitalier. Dans cet environnement, le patient se sent plus à l’aise pour partager ses craintes, ses attentes ou ses questionnements. Cela contribue à améliorer le bien-être du patient, à renforcer la qualité des soins qui seront plus adaptés et à instaurer une relation soignant-soigné fondée sur le respect et l’écoute mutuelle.
3- Quels sont les principes clés qui définissent une approche bientraitante ? Quels sont des exemples concrets d’actions bientraitantes dans le quotidien des professionnels de santé ?
Une écoute active, une communication adaptée, une approche bienveillante et empathique, la recherche du consentement éclairé, ainsi qu’une disponibilité pour répondre aux besoins des patients, sont autant d’exemples concrets d’actions bientraitantes que nous appliquons chaque jour. L’objectif pour le soignant est de placer le patient au cœur de son parcours de soins.
4- Quels sont les obstacles auxquels les équipes hospitalières font face pour intégrer la bientraitance dans leurs pratiques ?
L’intégration des actions bientraitantes dans notre pratique peut rencontrer des obstacles, tels qu’une charge de travail excessive qui peut limiter le temps consacré à un soin ou à une écoute active, par exemple. Le manque de personnel qui entraîne une pression supplémentaire et une réorganisation des habitudes de travail. Des difficultés de communication entre les membres de l’équipe, ainsi que des interruptions régulières des tâches, peuvent aussi rendre difficile l’application de la bientraitance dans toutes les situations.
5- Comment les professionnels peuvent-ils s’assurer de respecter les habitudes, les croyances ou les besoins spécifiques des patients ?
Nous devons adopter une approche personnalisée. L’écoute active et le dialogue avec les patients et leurs entourages sont cruciaux pour optimiser la qualité des soins. En tant que soignants, il est aussi important d’effectuer des transmissions qualitatives entre collègues, ce qui permet de partager des informations essentielles sur les antécédents, les besoins spécifiques et les attentes des patients. Ces moments d’échange favorisent une adaptation des soins en fonction des particularités de chaque patient.
6- Comment la bientraitance contribue-t-elle à améliorer le climat de travail au sein des équipes hospitalières ?
Elle peut améliorer le climat de travail au sein d’une équipe en favorisant des relations respectueuses entre collègues et en créant un climat de travail sain. Cela peut nettement réduire le stress et les conflits, par exemple. Ainsi, nous faisons preuve d’entraide, de solidarité et de soutien mutuel au quotidien et face à des situations difficiles.
7- Existe-t-il des signes avant-coureurs de situations de maltraitance, et comment peut-on les éviter ?
Une situation de maltraitance, bien que rare, peut être verbalisée par un patient, repérée ou signalée par son entourage ou par un membre du personnel soignant. En tant que soignants, il est de notre responsabilité de signaler et de faire remonter ces informations à notre hiérarchie. Des procédures sont applicables. Le surmenage au travail, la fatigue ou le stress excessif, l’isolement, le détachement émotionnel, le manque de communication au sein d’une équipe, peuvent faire partie des signes avantcoureurs de situations de maltraitance. Pour prévenir de telles situations, nos collègues et notre hiérarchie peuvent nous offrir un soutien émotionnel, encourager le travail d’équipe, organiser des moments d’échange et analyser nos pratiques. Des formations sont aussi mises en place sur la gestion des émotions et la promotion de la bientraitance.
8- Quels sont les grands enjeux actuels en matière de bientraitance dans les établissements de santé ?
Les enjeux en matière de bientraitance dans les établissements de santé concernent le respect des droits des patients, l’amélioration des conditions de travail des soignants pour prévenir tout type de maltraitance, la formation du personnel, l’évaluation et l’analyse des situations à risques et des événements indésirables.
9- Comment sensibiliser davantage les professionnels de santé et le grand public à l’importance de la bientraitance ?
Il peut être utile d’organiser des campagnes d’information accessibles à tous, des espaces d’échanges et de témoignages. Il est aussi important d’impliquer les patients et leurs familles en les informant de leurs droits et en leur expliquant comment signaler une situation de maltraitance.
10- Quels conseils donneriez-vous aux équipes soignantes pour renforcer une culture de bientraitance dans leur établissement ?
La communication et l’écoute sont des outils essentiels, entre soignants, avec nos supérieurs, avec les patients et leur entourage. Des échanges réguliers permettent de mieux comprendre les attentes de chacun, mais aussi nos façons de faire et d’être. Une approche bientraitante et les autres concepts évoqués doivent faire partie des valeurs professionnelles de chaque soignant. Il est aussi important de les valoriser.
Et pour conclure, il est important de ne jamais oublier les raisons qui nous ont poussés à choisir ce métier, en lien avec nos convictions, notre parcours et nos valeurs personnelles. Cette profession nous réunit autour d’un même objectif : offrir des soins de qualité, respectueux et bienveillants envers chaque patient.
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